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DOSSIER DOCUMENTÉ

Torture et détention

Bertrand Zibi Abeghe

Arrestation, détention prolongée et allégations de mauvais traitements visant un ancien député.

Détentions et torture
Allégations documentéesRapport source · page 44
Illustration du dossier Bertrand Zibi Abeghe
Image et éléments documentaires issus du rapport de l’association.

Présentation de l’affaire

LE CAS RELATIF À Bertrand Zibi Abeghe est un homme politique gabonais, BERTRAND ZIBI ancien député du Parti démocratique gabonais (PDG), ABEGHE parti alors au pouvoir. Son parcours politique a pris une nouvelle dimension en juillet 2016 lorsqu’il a annoncé publiquement sa démission du parti présidentiel lors d’un ALLÉGATIONS DE TORTURE EN meeting en présence du président Ali Bongo Ondimba. À DÉTENTION la suite de cette rupture politique, il rejoint les rangs de l’opposition et devient un soutien du candidat Jean Ping lors de l’élection présidentielle de 2016. Détention d’un opposant politique et Son arrestation, intervenue dans un contexte de forte enjeux de droits humains au Gabon tension politique après l’annonce des résultats contestés de l’élection présidentielle d’août 2016, est devenue l’une des affaires les plus emblématiques concernant les prisonniers politiques présumés au Gabon.

Arrestation et procédure judiciaire

Le 31 août 2016, dans la période suivant les affrontements post-électoraux, Bertrand Zibi Abeghe est arrêté alors qu’il se trouve au quartier général de l’opposition à Libreville. Il est d’abord conduit à la Direction générale des recherches (DGR), où il est maintenu plusieurs jours avant son transfert à la prison centrale de Libreville. Les autorités gabonaises l’accusent notamment de violences et voies de fait, d’association de malfaiteurs, de participation à des troubles à l’ordre public et de détention illégale d’arme à feu. Ses avocats ont contesté ces accusations, estimant que les éléments retenus contre lui étaient insuffisants et dénonçant une procédure à caractère politique. Après plusieurs années de détention provisoire, Bertrand Zibi Abeghe est condamné en 2019 à six ans de prison ferme. Il est finalement libéré le 13 septembre 2022, après avoir passé environ six années en détention.

Conditions de détention et allégations de mauvais traitements

Durant sa détention, Bertrand Zibi Abeghe et ses soutiens ont dénoncé des conditions de détention difficiles ainsi que des actes de tortures. Des organisations de défense des droits humains, notamment Amnesty International et l’ACAT-France, ont fait état d’inquiétudes concernant son état physique et psychologique, ainsi que les conditions dans lesquelles il était détenu. Selon ces organisations, les allégations de mauvais traitements et les conditions carcérales subies par l’opposant nécessitaient une enquête indépendante afin d’établir les faits et de garantir le respect de son intégrité physique et morale.

Conclusion

L’affaire Bertrand Zibi Abeghe demeure un symbole des tensions politiques ayant suivi l’élection présidentielle gabonaise de 2016. Pour ses soutiens et plusieurs organisations de défense des droits humains, son arrestation et sa longue détention illustrent les difficultés rencontrées par certains opposants dans l’exercice de leurs droits politiques. Au-delà de son cas personnel, cette affaire pose la question plus large de la protection des libertés publiques au Gabon, notamment la liberté d’opinion, la participation politique, l’indépendance de la justice et la prévention de toute utilisation abusive de l’appareil judiciaire contre des acteurs critiques du pouvoir. Actes de torture et décès en détention 45 0 4 VIOLENCES POLICIÈRES ET MILITAIRRES Les violences commises par des forces de sécurité — qu’elles soient policières ou militaires constituent l’une des problématiques majeures contemporaines en matière de droits humains et de gouvernance de l’État de droit. Si les États ont le monopole légitime de la force afin d’assurer la sécurité publique et la protection des populations, ce pouvoir est strictement encadré par le droit international, qui impose des obligations de nécessité, de proportionnalité et de responsabilité. Dans de nombreux contextes à travers le monde, des dérives sont observées dans l’usage de la force, allant de recours excessifs lors de manifestations publiques à des actes de torture, de traitements cruels, inhumains ou dégradants, voire à des exécutions extrajudiciaires. Ces violations portent une atteinte directe aux droits fondamentaux consacrés notamment par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention contre la torture et les Principes de base des Nations Unies sur le recours à la force et l’utilisation des armes à feu par les responsables de l’application des lois. Au-delà de la violation individuelle des droits à la vie, à la dignité et à l’intégrité physique, ces pratiques contribuent à fragiliser la confiance entre les populations et les institutions publiques. Elles alimentent un climat de peur, d’impunité et de défiance envers les mécanismes de justice, compromettant ainsi la stabilité sociale et la légitimité de l’État. L’absence d’enquêtes indépendantes, rapides et transparentes sur les allégations de violences commises par des agents de l’État constitue un facteur aggravant. Elle entretient un sentiment d’impunité et prive les victimes de leur droit fondamental à un recours effectif et à réparation. Dans ce contexte, la prévention des violences policières et militaires ne peut être dissociée du renforcement de l’État de droit, de la formation des forces de sécurité aux standards internationaux, ainsi que de la mise en place de mécanismes indépendants de contrôle et de reddition des comptes. Garantir le respect des droits humains dans l’exercice des fonctions sécuritaires constitue une exigence essentielle pour toute société démocratique et respectueuse de la dignité humaine. VIOLENCES POLICIÈRES Au Gabon, les questions de violences policières, surtout en contexte de couvre-feu ou de maintien de l’ordre, reviennent régulièrement dans les débats publics et les réseaux sociaux. Les critiques portent surtout sur la proportion des réponses policières par rapport à de simples infractions de couvre-feu. Plusieurs enquêtes et témoignages ont déjà signalé des abus lors de l’application de mesures de restriction, notamment après le coup d’État de 2023 et durant les périodes de couvre-feu : Des cas de bastonnades, humiliations et traitements dégradants ont été rapportés lors d’interpellations de jeunes ayant violé le couvre-feu. Une vidéo et des témoignages ont montré des personnes frappées et parfois rasées de force par des forces de sécurité après des arrestations nocturnes. Ces pratiques ont été largement critiquées comme des atteintes aux droits humains et des formes d’humiliation publique.

Décembre 2023 – Libreville : rafles et brutalités pendant le couvre-feu

Après le coup d’État d’août 2023, un couvre-feu nocturne est strictement appliqué. Lors d’opérations de contrôle, des dizaines à centaines de jeunes sont arrêtés à Libreville. Des témoignages et vidéos montrent des violences physiques et humiliations. Exemple documenté : des personnes arrêtées sont frappées et insultées certains cas de rasage forcé de la tête ont été signalés après interpellation utilisation d’un seul matériel de rasage pour plusieurs personnes, dénoncé comme traitement dégradant et risque sanitaire.

Décembre 2023 – Port-Gentil : violences lors de contrôles

nocturnes Plusieurs incidents signalés pendant les contrôles du couvre-feu. Des civils auraient été bastonnés lors d’interpellations nocturnes. Le climat sécuritaire est décrit comme tendu après le coup d’État.

Octobre 2023 – Cas de violences lors de violation du

couvre-feu Dans certains cas, des groupes de jeunes dans des bars ou rues sont interpellés la nuit. Des témoins évoquent des passages à tabac lors des arrestations. Ces événements alimentent des débats sur l’usage excessif de la force.

Décembre 2024 – “Opération Coup de poing” : rafles et rasages forcés

Grande opération de sécurité dans le Grand Libreville. 154 à 348 personnes interpellées en une nuit selon les sources. Des témoignages parlent de : têtes rasées de force humiliations publiques blessures causées par matériel non désinfecté. Violences policières et militaires 47

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