Présentation de l’affaire
Grégoire Ngbwa Mintsa était un fonctionnaire gabonais et un acteur engagé de la société civile, connu pour son combat en faveur de la transparence publique et de la lutte contre la corruption. Il s’est notamment illustré en devenant partie civile dans l’affaire dite des « biens mal acquis », une procédure engagée en France concernant des soupçons d’acquisition de biens immobiliers à l’étranger par certains dirigeants africains et leur entourage. Son engagement a fait de lui une figure importante de la société civile gabonaise, mais également une personnalité exposée aux tensions liées à la dénonciation publique de la gouvernance politique et financière du pays.
Arrestation et détention en décembre 2008
En décembre 2008, dans le contexte de la plainte déposée en France dans l’affaire des « biens mal acquis », Grégoire Ngbwa Mintsa a été arrêté à Libreville avec plusieurs autres acteurs de la société civile, parmi lesquels Marc Ona Essangui, Georges Mpaga et d’autres défenseurs de la transparence publique. Les arrestations ont été effectuées les 30 et 31 décembre 2008 par des agents des services de renseignement, selon les informations rapportées par plusieurs organisations de défense des droits humains. Les organisations qui ont suivi l’affaire ont indiqué que les personnes arrêtées auraient été privées de certaines garanties procédurales, notamment concernant l’accès rapide à un avocat et la présentation des motifs précis de leur arrestation. Elles ont également dénoncé l’absence de mandat lors des interpellations, estimant que ces mesures pouvaient constituer une atteinte aux droits des défenseurs des droits humains.
Poursuites judiciaires et réactions
Après son arrestation, Grégoire Ngbwa Mintsa a été poursuivi avec d’autres militants pour des faits liés à la diffusion de documents et à des activités considérées par les autorités comme pouvant porter atteinte à l’autorité de l’État. Les organisations de défense des droits humains ont contesté ces accusations, considérant qu’elles pouvaient être liées à son engagement contre la corruption et à son action citoyenne. La Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT) ainsi que d’autres acteurs internationaux ont appelé les autorités gabonaises à respecter les droits fondamentaux des personnes détenues et à garantir un traitement conforme aux normes internationales. Grégoire Ngbwa Mintsa et plusieurs autres défenseurs ont finalement bénéficié d’une libération provisoire en janvier 2009, après plusieurs jours de détention.

