Présentation de l’affaire
Marc Ona Essangui est un militant gabonais de la société civile, défenseur de l’environnement et de la gouvernance transparente. Il est notamment connu pour son engagement au sein de l’organisation Brainforest et pour son implication dans la campagne « Publiez Ce Que Vous Payez », qui milite pour la transparence dans la gestion des ressources naturelles et des revenus issus des industries extractives. Son engagement contre certains projets économiques jugés insuffisamment transparents, notamment autour de l’exploitation du gisement de fer de Bélinga, lui a valu une importante reconnaissance internationale, notamment le prix Goldman pour l’environnement en 2009. Son parcours a également été marqué par plusieurs tensions avec les autorités gabonaises, ses activités étant parfois considérées par ses soutiens comme faisant l’objet de restrictions ou de pressions en raison de ses prises de position critiques.
Arrestation de décembre 2008
L’une des affaires les plus marquantes concerne son arrestation à Libreville en décembre 2008. Marc Ona Essangui a été interpellé avec plusieurs autres responsables de la société civile, parmi lesquels Grégoire Ngbwa Mintsa et Georges Mpaga, dans un contexte lié à leurs actions en faveur de la transparence publique et à leurs critiques concernant la gestion de certains dossiers économiques et politiques. Selon les informations rapportées par des organisations de défense des droits humains, les arrestations auraient été effectuées par des agents des services de renseignement sans présentation de mandat, et les personnes arrêtées auraient été maintenues en détention sans accès immédiat à un avocat. Après une enquête préliminaire, Marc Ona Essangui et plusieurs autres militants ont été inculpés pour des faits liés à la détention et à la diffusion de documents considérés par les autorités comme pouvant inciter à la révolte contre les institutions de l’État. Ils ont ensuite été placés sous mandat de dépôt à la prison centrale de Libreville.
Contestations et réactions internationales
Les organisations de défense des droits humains ont contesté le traitement réservé à Marc Ona Essangui et aux autres militants arrêtés. Elles ont estimé que ces poursuites pouvaient constituer une atteinte à la liberté d’expression et à la liberté d’action des défenseurs des droits humains. Les critiques portaient notamment sur les conditions de l’arrestation, l’accès aux garanties judiciaires et le lien possible entre les poursuites engagées et les activités militantes des personnes concernées. Plusieurs acteurs internationaux ont appelé les autorités gabonaises à respecter les normes relatives aux droits des défenseurs des droits humains.

